Le mercredi 28 août 2019, l'Office national de l'énergie est devenu la Régie de l'énergie du Canada. Pour de plus amples renseignements, consultez la page d'information sur la mise en oeuvre de la Loi sur la Régie canadienne de l'énergie

Transition énergétique du Canada : Changements passés et à venir dans les filières énergétiques – Mise à jour – Évaluation du marché de l'énergie

Des chevalets de pompage et du bétail parsèment un champ de canola dans les Prairies canadiennes par une journée d’été ensoleillée.

1. Introduction

Ces deux derniers siècles, nous avons vu s’opérer plusieurs transitions énergétiques issues d’une combinaison de changements technologiques, économiques et politiques. Une transition énergétique, c’est l’abandon d’une source d’énergie au profit d’une autre, ou une modification de la composition de l’approvisionnement en énergie primaireNote de bas de page 1. Le passage de certaines sociétés de la biomasse peu énergétique (comme le bois et la tourbe) au charbon au XIXe siècle en est un exemple. Cette transition a été rendue possible par l’invention de la machine à vapeur; le charbon est ensuite demeuré le principal combustible partout dans le monde jusqu’à la moitié du XXe siècle. La transition majeure suivante s’est produite avec l’adoption et la croissance de l’électricité et du moteur à combustion interne au début du XXe siècle. Ces progrès technologiques ont fait naître le besoin de nouvelles sources d’énergie, notamment l’hydroélectricité, le gaz naturel et le pétrole brut. De nos jours, plus de la moitié de la demande d’énergie primaire mondiale est comblée par le pétrole brut et le gaz naturel, abondants et abordables. Le charbon, aujourd’hui utilisé surtout pour la production d’électricité et la fabrication d’acier, représente le quart de la demande d’énergie primaire mondiale.

Les changements à la composition de l’approvisionnement en énergie primaire amènent une transformation concrète des filières énergétiques. Pour chaque nouvelle source d’énergie, il faut introduire des installations de production, une infrastructure de transport et de l’équipement pour la consommation finale. Les transitions énergétiques impliquent aussi des changements immatériels, par exemple de nouvelles réglementations et politiques, ainsi que l’adaptation des mentalités ou des systèmes de croyancesNote de bas de page 2.

La transition énergétique actuelle demande l’abandon des combustibles émetteurs de carbone au profit des sources sans émissions – c’est ce qu’on appelle la décarbonation. Quoiqu’influencée par des facteurs technologiques, économiques et politiques, la transition actuelle est la première à être principalement motivée par des facteurs environnementaux, résultat de l’évolution des valeurs sociales : la volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre (« GES »).

Depuis 1980, la demande d’énergie mondiale a doublé à mesure que la population s’accroissait, que les pays se développaient et que les sources d’énergie devenaient plus accessibles et échangeables. Résultat : les émissions de carbone de la planète ont augmenté de 52 % dans les 25 dernières années, et celles du Canada, de 33 %.

Bien que le Canada produise seulement 1,7 % des émissions de GES mondiales, c’est l’un des pays les plus énergivores et émetteursNote de bas de page 3 au monde. L’Agence internationale de l’énergie (« AIE ») recommande au Canada d’agir pour réduire son intensité énergétique et d’émission afin de conforter sa position de fournisseur et de consommateur d’énergie responsable. L’Organisation de coopération et de développement économiques (« OCDE ») note que le Canada est l’une des économies les plus intensives en émissions de GES au monde, et le quatrième plus grand émetteur parmi les pays membres. Le Conference Board du Canada classe le Canada au dernier rang, derrière 17 autres pays comparables sur le plan de l’intensité énergétique, et lui attribue la note « D » pour son intensité énergétique et ses émissions de GES.

Différentes tendances émergentes montrent qu’une transition énergétique est en cours au Canada, le premier indicateur étant que la croissance des énergies renouvelables s’accélère à mesure que les coûts de construction des installations de production diminuent. De nouvelles technologies voient le jour, les stratégies et les programmes d’efficacité énergétique prennent de l’ampleur, et l’électrification des transports gagne de plus en plus de terrain. La tarification du carbone et d’autres politiques écologiques incitent les particuliers et les organisations à adopter des méthodes écoénergétiques pour réduire le gaspillage. Enfin, plusieurs programmes politiques comme le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques (le « Cadre pancanadien »), les plans provinciaux, ainsi que les stratégies et plans municipaux et communautairesNote de bas de page 4, sont mis en place. Tous ces éléments contribuent à la transition énergétique non seulement en favorisant le virage vers la décarbonation, mais aussi en permettant de suivre son progrès.

Le présent rapport de l’Office national de l’énergie se penche sur les divers plans et mesures qui jouent un rôle dans la transition énergétique du Canada. Il présente une vue d’ensemble des filières énergétiques, une analyse des transitions énergétiques passées, un aperçu des tendances énergétiques au pays, et enfin, les perspectives pour l’avenir.

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