Aperçu du marché : L’ammoniac à faibles émissions de carbone et son rôle dans l’économie canadienne de l’hydrogène
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Date de diffusion : 2026-01-07
La production d’ammoniac à faibles émissions de carbone (« NH3 ») au Canada pourrait jouer un rôle clé dans l’avancement de son économie de l’hydrogène. Parmi les sources d’énergie à faibles émissions, l’ammoniac à faibles émissions de carbone se démarque comme un vecteur énergétique flexible, un combustible et une nouvelle possibilité d’exportation pour le Canada. Un nombre croissant de grands projets au pays sont maintenant proposés et pourraient renforcer le rôle du Canada dans le paysage énergétique mondial à faibles émissions de carbone.
L’ammoniac joue deux rôles clés dans la filière énergétique : il peut soit agir comme transporteur d’hydrogène et être ensuite converti pour libérer l’hydrogène qu’il contient, soit être utilisé directement comme combustible sans émissions de CO2. En 2023, 185 millions de tonnes (« Mt ») d’ammoniac ont été produites à l’échelle mondiale et 16 Mt ont fait l’objet d’échanges internationaux.
Au Canada, l’ammoniac est principalement utilisé pour la production d’engrais et diverses applications industrielles. Le Canada est le dixième producteur mondial d’ammoniacNote de bas de page 1 et en a produit environ cinq millions de tonnes en 2023. Il est également le sixième exportateur d’ammoniac, avec plus d’un million de tonnes exportées chaque année vers les États-Unis. Le reste de la production du Canada est utilisé pour la fabrication d’engrais dérivés à usage domestique et à des fins industrielles.
Figure 1 – Production et exportations d’ammoniac du Canada en 2023
Source et Version texte
Source : World Integrated Trade Solutions (« WITS ») (en anglais seulement), Statistique Canada, Association internationale de l’industrie des fertilisants – Statistiques (en anglais seulement)
Version texte : Ce diagramme à barres horizontales illustre la production (Statistique Canada) et les exportations (« WITS ») d’ammoniac du Canada ainsi que la production nord-américaine d’ammoniac (« IFASTAT ») en 2023. Au cours de cette année, le Canada a produit 4,46 Mt, a exporté 1,06 Mt vers les États-Unis et la production totale en Amérique du Nord a été de 21,21 Mt.
Comment produit-on l’ammoniac?
La production d’ammoniac (« NH3 ») se fait en deux étapes principales : l’extraction d’hydrogène et le procédé Haber-BoschNote de bas de page 2. Dans un premier temps, l’hydrogène (« H2 ») est isolé, soit d’une source de combustibles fossiles comme le gaz naturel, soit de l’eau par électrolyse. Dans un deuxième temps, le procédé Haber-Bosch combine l’hydrogène avec l’azote (« N2 ») présent dans l’air, à haute température et sous haute pression pour produire de l’ammoniacNote de bas de page 3. Le procédé Haber-Bosch lui-même produit relativement peu d’émissions directes. La majeure partie des émissions de gaz à effet de serre (« GES ») associées à la production d’ammoniac provient de l’étape de la production d’hydrogène lorsque des combustibles fossiles sont utilisés. La production d’hydrogène à faibles émissions de carbone est essentielle à la production d’ammoniac à faibles émissions de carbone.
Figure 2 – Processus de production d’ammoniac à faibles émissions de carbone

Source et Version texte
Source : Agence internationale de l’énergie (en anglais seulement) et Régie
Version texte : Ce diagramme illustre le processus de production d’ammoniac à faibles émissions de carbone. Le côté gauche du diagramme illustre que l’hydrogène est produit à l’aide de deux méthodes principales :
- L’électrolyse utilise de l’électricité provenant de sources renouvelables ou d’un réseau à faibles émissions de carbone.
- Le gaz naturel utilise le RMV ou le RAT, où le dioxyde de carbone (« CO2 ») produit par ce processus est acheminé vers un système de captage et stockage du carbone (« CSC »).
L’hydrogène produit est ensuite acheminé au procédé Haber-Bosch, illustré du côté droit du diagramme. Dans ce procédé, l’hydrogène réagit avec l’azote (« N2 ») pour produire de l’ammoniac à faibles émissions de carbone.
Production d’ammoniac à faibles émissions de carbone
La production d’ammoniac à faibles émissions de carbone commence par la production d’hydrogène à faibles émissions de carboneNote de bas de page 4 :
- Le reformage du méthane à la vapeur (« RMV ») ou le reformage autothermique (« RAT ») avec captage et stockage du carbone (« CSC »Note de bas de page 5) peuvent réduire les émissions tout en utilisant le gaz naturel comme source de combustible.
- L’électrolyse utilise l’énergie électrique pour décomposer l’eau en hydrogène et en oxygène. Lorsqu’elle est alimentée par de l’énergie renouvelable ou un réseau à faibles émissions de carbone, cette méthode peut produire de l’hydrogène avec peu ou pas d’émissions.
Possibilité pour le Canada de produire de l’ammoniac à faibles émissions de carbone
Le Canada est en bonne position pour devenir un joueur important dans la production d’ammoniac à faibles émissions de carbone. À l’heure actuelle, plusieurs grands projets sont prévus à Terre-Neuve-et-Labrador et en Nouvelle-Écosse. Ensemble, les projets proposés au Canada atlantique prévoient plus de six millions de tonnes d’ammoniac à faibles émissions de carbone par année, principalement pour l’exportation vers les marchés mondiaux. Les projets proposés comprennent :
- Le projet éolien-hydrogène Toqlukuti’k de ABO Energy et Copenhagen Infrastructure Partners, à Come by Chance (en anglais seulement), à Terre-Neuve-et-Labrador, qui propose une usine d’exportation d’ammoniac d’une capacité de plus d’un million de tonnes par année.
- Le projet éolien-hydrogène d’EverWind (en anglais seulement), dans la péninsule de Burin, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui vise une production totale de plus de trois millions de tonnes d’ammoniac par année dans le cadre d’un plan de développement en plusieurs étapes.
- Le projet éolien-hydrogène d'Exploits Valley Renewable Energy Corporation (en anglais seulement), à Botwood, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui prévoit produire environ un million de tonnes d’ammoniac par année.
- Le projet éolien-hydrogène de North Atlantic, dans la baie Placentia, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui prévoit commencer avec des transporteurs d’hydrogène organique liquide, mais envisage de produire de l’ammoniac aux étapes ultérieures du développement.
- Le projet d’exportation d’ammoniac de Pattern Energy (en anglais seulement), au port d’Argentia, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui poursuit un plan de développement visant une production pouvant atteindre 146 000 tonnes d’ammoniac par année.
- Le projet d’exportation d’hydrogène vert et d’ammoniac de Bear Head Energy (en anglais seulement), à Point Tupper, en Nouvelle-Écosse, qui propose de produire plus d’un million de tonnes d’ammoniac par année.
- Le projet d’exportation d’hydrogène vert et d’ammoniac d’EverWind (en anglais seulement), à Point Tupper, en Nouvelle-Écosse, qui vise à produire un million de tonnes d’ammoniac par année et à devenir le premier projet canadien de livraison d’ammoniac sur les marchés mondiaux, avec une production initiale de 240 000 tonnes devant commencer à la fin des années 2020.
Dans l’Ouest canadien, de nombreux projets d’exportation d’ammoniac ont été proposés en Alberta, dont des projets dirigés par ATCO (en anglais seulement) et Hydrogen Canada (en anglais seulement). Les deux envisagent de produire environ un million de tonnes d’ammoniac à faibles émissions de carbone, produit par reformage du gaz naturel avec captage et stockage, pour exportation vers les marchés asiatiques.
Ces projets pourraient aider à établir un nouveau secteur de l’énergie propre au Canada, à réduire la dépendance à l’égard de l’ammoniac à forte intensité d’émissions et à positionner le Canada comme un joueur important dans la future économie mondiale de l’hydrogène propre.
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